8 mars: Journée des luttes des femmes

Publié le par AGEL FSE

C’est en 1910 à Copenhague, lors de la Seconde Internationale Socialiste des Femmes que l’idée d’une journée de lutte pour les droits des femmes est lancée par Clara Zetkin et Rosa Luxembourg, deux militantes socialistes révolutionnaires allemandes… 100 ans plus tard, cette journée de lutte a perdu toute sa valeur et n’est plus qu’une aubaine commerciale de plus pour les fleuristes !

 

Alors que cette journée doit commémorer les luttes passées des femmes pour l’égalité de droit et de fait avec les hommes et montrer au grand jour tout le chemin restant encore à accomplir, elle est trop souvent réduite à une journée de la femme banalisée, ni plus ni moins importante que la fête des mères ou la Saint Valentin ! Or il n’y a aucun point commun entre une journée revendicative visant à mettre en évidence un combat quotidien et des fêtes commerciales !

 

Pourtant durant ces cent dernières années la journée du 8 Mars n’a pas cessé d’être un moment de revendications fortes tant pour les femmes ouvrières que pour les autres : le 8 Mars 1914, les femmes allemandes revendiquent leur droit de vote ; le 8 Mars 1915, à Oslo, les femmes norvégiennes exigent la paix ; le 8 Mars 1917, à Saint-Pétersbourg, les femmes russes réclament du pain et le retour du front des hommes, lançant ainsi la Révolution de Février… Est-il besoin d’en citer d’autres ?! Non ce ne sont pas les femmes et leurs luttes qui ont transformé et dénaturé cette journée, mais bien les administrations officielles. En 1977, l’ONU officialise ce qui s’appelle alors « la journée internationale des femmes », reconnue enfin en France en 1982 sous le titre de « journée de la femme ». Simples divergences de noms dira-t-on, mais cela cache en fait une autre réalité. Celle d’alléger sa conscience en célébrant une fois par an la femme en tant qu’entité à part, lui faire des cadeaux afin de se dédouaner de tous les comportements sexistes de l’année. Une sorte de journée de pénitence, en somme. Et du pain béni pour tous ceux qui, au quotidien, chaque jour de chaque année, ne font strictement rien pour l’émancipation des femmes et l’égalité réelle !

 

Bien sûr, en tant qu’organisations luttant contre toutes formes de sexisme, nous ne pouvons qu’accepter et cautionner une journée de commémoration des luttes, mais seulement à condition que celle-ci ne soit pas détournée au profit d’une célébration malsaine. Or il y a urgence à réagir, car une fois de plus nous pouvons voir se profiler à l’horizon une journée qui passera inaperçue, que les journaux ne relateront qu’en chiffres d’affaires de certains commerçants ! Et nous ne pouvons accepter un tel détournement. Voila pourquoi nous appelons tous et toutes à se réapproprier cette journée, à lui redonner son sens premier, à mettre en valeur le travail accompli et tous les combats restant à mener en nous réunissant là où les femmes semblent avoir le moins leur place actuellement : la nuit dans la rue.

Pour une vraie journée des luttes des femmes !

 

Manifestation nocturne le 8 Mars 2010 à partir de 19h ; départ place de la Motte

 

 

A l’appel du Torchon brûle attisons-le !, AGEL-FSE, CNT 87, SCALP 87

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