La liberté de la recherche est menacée !

Publié le par AGEL FSE

Trois universitaires allemands poursuivis pour «terrorisme» sur la base de leurs écrits scientifiques!

Communiqué de la FSE Paris I/IV

Une nouvelle étape a été franchie dans la remise en cause des libertés démocratiques conquises par le mouvement ouvrier.

En Allemagne, trois universitaires (dont un a été placé en détention provisoire) sont poursuivis pour « appartenance à une organisation terroriste » sur la seule base de leurs écrits et de leur engagement militant. La police estime que leurs écrits scientifiques ressembleraient à ceux d’un groupe d’extrême gauche présenté comme « terroriste ».

Cette affaire illustre de manière concrète que la liberté d'expression est un acquis bien fragile, que les différents gouvernements au service du patronat remettent en cause dès qu'ils le peuvent.

La liberté d'expression des enseignants- chercheurs est parmi les plus directement menacées : quand ce n'est pas sous la pression de la prétendue "menace terroriste" c'est sous celle du "réalisme économique". En Europe, les processus de Bologne et de Lisbonne visent à précariser et à mettre au pas les universitaires dans des universités transformées en entreprises de formation de capital humain. Dans cette logique, la seule mission des universités doit être de servir les intérêts patronaux en leur fournissant une main d’œuvre flexible et adaptée à leurs besoins immédiats. Dans cette nouvelle université, l’esprit critique n’a plus sa place. Pire, il doit être, si besoin est, criminalisé comme l’illustrent, de façon extrême, ces évènements en Allemagne.

En France, la loi Sarkozy-Pécrese votée cet été s’inscrit dans cette même logique : renforcement du pouvoir des présidents d’université, renforcement de la dépendance à l’égard des patrons (comme le développement des fondations pour compenser le désengagement financier de l’Etat), précarisation des personnels, professionnalisatio n des cursus. Les enseignants chercheurs sont invités encore plus fortement qu'avant à ne plus penser, ou alors à penser d’une certaine façon, celle qui contribue à augmenter les profits des patrons. Ainsi, Christine Lagarde (ministre de l’économie), lors d’un discours à l’Assemblée nationale en juillet, a osé clamer : « assez pensé maintenant. Retroussons nos manches » !

Contrairement à la direction de l’UNEF qui a renoncé à s’opposer à cette logique et à cette loi, et donc à défendre les intérêts des étudiants (préférant défendre ses petits intérêts particuliers de bureaucrates) , la FSE s’y oppose de toutes ses forces. C'est la logique même du gouvernement que nous refusons, car c'est la même qui justifie la répression scandaleuse des chercheurs allemands. La FSE leur exprime sa solidarité totale et appelle dès la rentrée les étudiants à se réunir en Assemblées Générales afin de construire la grève pour obtenir l’abrogation de la loi Sarkozy-Pécresse sur l’université.

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