Exiger le retrait du projet de loi Pécresse : «défendre le mandarinat» ?

Publié le par AGEL FSE

Communiqué de la FSE Paris I/IV

L’UNEF refuse de s’associer aux syndicats qui réclament le retrait pur et simple du projet de loi sur les universités parce que ceux-ci le feraient le plus souvent, d’après son président Julliard, pour « défendre le mandarinat » (Libération du 23 juillet). Visant probablement les syndicats d’enseignants qui se sont prononcés pour le retrait, l’UNEF considère-t-elle que ceux-ci veulent simplement conserver des privilèges ?

Est-ce du mandarinat que de refuser que ce soient dorénavant des comités de sélection désignés par un CA devenu gestionnaire sur un modèle et des fins entrepreunarials qui nomme les enseignants-chercheurs ? Si les syndicats qui exigent le retrait ne le faisaient que pour défendre les intérêts d’un groupe au sein de la communauté universitaire, ils ne réclameraient que de vagues amendements.

N’est-ce pas justement ce qu’a fait l’UNEF et son président qui s’est rendu à l’invitation à déjeuner de Sarkozy cherchant à négocier certains points de la loi sans remettre en cause la logique qui la dicte ? Julliard n’a-t-il déjà pas prétendu avoir « sauvé l’essentiel » après la modification du projet faisant passer le nombre des membres du CA de 20 à 30 au lieu de 20 seulement et donc le nombre d’élus étudiants de 3 à 5 au lieu de 3 ? Qui doit-on soupçonner de ne défendre que ses intérêts : l’UNEF qui cherche à conserver ses élus ; ou ceux qui refusent un projet qui représente une attaque grave contre l’université ?

Le projet de loi Pécresse, sous couvert d’autonomie, soumet les universités aux intérêts patronaux, ouvre la porte à la privatisation des enseignement et précarise l’ensemble du personnel enseignant comme administratif. C’est pourquoi la FSE dès la parution de ce projet s’est prononcée pour son retrait pur et simple et fera tout pour obtenir l'abrogation de la loi en organisant dès la rentrée la mobilisation jusqu’à la grève nationale des universités.

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