L'autonomie, dernière pierre de la privatisation des universités

Publié le par AGEL FSE

La création d'un ministère de l'enseignement supérieur séparé du ministère de l'éducation prouve bien que le gouvernement projette de mettre en oeuvre une modification profonde des universités.
En effet depuis des années les gouvernements de droite comme de gauche n'ont de cesse d'appliquer le processus de Bologne qui prévoit au niveau européen la mise en place d'un marché concurrentiel de l'éducation supérieure, "l'économie de la connaissance".

Le premier ministre présentera un projet de loi sur l'autonomie des universités dès le mois de juillet et a annoncé que « Cette réforme est peut-être la plus importante. Il faut donner plus d'autonomie aux universités pour qu'elles puissent retrouver l'excellence ». Les universités doivent pouvoir « s'organiser comme elles l'entendent, recruter comme elles l'entendent..."

Nous rappelons que nous nous sommes toujours opposés à l'autonomie des universités, car elle met fin au service public en permettant l'entrée des entreprises dans l'université et entraîne la casse du caractère national des diplômes. En 2003, L.Ferry avançait déjà cette proposition d'autonomie dans son projet de "modernisation de l'université", projet repoussé par une mobilisation étudiante à laquelle appelait la FSE. Nous avons déjà su combattre cette contre-réforme, et saurons la combattre de nouveau.

Si V.Pecresse croit nous rassurer en annoncant qu'il n'est pas question d'instaurer une sélection à l'entrée de l'université ni d'augmenter les droits d'inscription, nous ne sommes pas dupes.
L'autonomie implique de fait que les universités auront elles-mêmes la possibilité de fixer leurs frais d'inscription puisqu'elles pourront « s'organiser comme elles l'entendent". De la même manière les universités pourront mettre en place la sélection en adoptant des statuts d'université de technologie ou de grand établissement.

La sélection existe déjà puisque le CNESER a récemment voté la selection entre la Licence et le Master et, elle est proposée sous prétexte d'orientation dans le rapport Hetzel en distinguant les possibilités d'accès aux différents cursus dès l'issue du premier semestre à l'université.

C'est toujours la même logique de casse du Service Public de l'Enseignement Supérieur, entammée en 1998 sous le ministère de C.Allègre, continuée par toute une série de réformes comme la mise en place des ECTS/LMD, idée toujours présente dans le rapport Hetzel. Il s'agit de mettre en concurrence les universités et les étudiant-e-s, de mettre en place des partenariats avec le privé, soumettant le contenu des enseignements aux exigences de la rentabilité économique et non pas à celles d'une formation scientifique et critique.


La FSE s'oppose à tout projet de privatisation des universités et appelera dès la rentrée à une mobilisation pour défendre une université publique, critique et populaire.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article