Hetzel ou la remise en cause du service public d'education

Publié le par AGEL FSE

Le rapport Hetzel présenté mardi 24 octobre par le Premier Ministre, les ministres de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de l'emploi renforce la subordination de la formation universitaire aux intérêts du patronat.

La généralisation des stages sans aucune garantie de rémunération dans les cursus, l'orientation directe du contenu des formations aux attentes des entreprises, l'orientation en amont des lycéens vers des filières professionnalisées et rentables, la mise en place d'un cursus professionnalisé alternant formation et travail précaire (apprentissage, alternance, temps partiel, stages?) sont autant de mesures visant à servir les seuls intérêts économiques des entreprises.

Face à l'attribution annuelle des moyens en fonction des résultats obtenus en matière d'insertion professionnelle des étudiants on assiste encore à un renforcement du développement inégal des universités, accentuant de fait leur mise en concurrence.
C'est à dire une hiérarchisation de l'enseignement supérieur avec une minorité de pôles d'excellence pour une minorité d'étudiants (ayant la possibilité de payer très cher l'entrée dans ce pôle) et une majorité d'universités poubelles sous dotés et sous encadrés car peu compétitives. C'est donc un accroissement de la concurrence entre universités et par conséquent entre étudiants (via la mise en concurrence des diplômes).

La commission université/entreprise part du constat fallacieux que l'université est responsable du chômage de masse, et qu'en professionnalisant toutes les filières, de nombreux emplois seront créés.
La multiplication des filières et des diplômes professionnalisés depuis une dizaine d'années ne s'est en aucun cas accompagnée d'une baisse du chômage mais les experts persistent à affirmer que la professionnalisation reste une solution au chômage ! (les offres d'emplois non satisfaites pour cause de formation correspondent à seulement 10% du nombre du chômeurs). Le but non avoué est de faire prendre en charge à l'université la formation des futurs travailleurs, trop coûteuse pour les entreprises.

De fait, la professionnalisation des formations universitaires est une politique de classe qui sert les intérêts du patronat et dessert ceux des travailleurs.

POUR UNE ECOLE PUBLIQUE,GRATUITE, LAIQUE, DE QUALITE ET OUVERTE A TOU-TE-S !
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NON A LA PROFESSIONNALISATION DES CURSUS ET DES DIPLOMES !
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