L'université de Limoges gère la pénurie...

Publié le par AGEL FSE

                             

L’Université de Limoges gère la pénurie…

Cette rentrée, notre Université doit combler un déficit de 970 000 € . Des économies drastiques sont prévues notamment l’augmentation des effectifs en TD/TP, le non renouvellement de contrat pour les personnels enseignants ou non, la suppression de certaines disciplines ou filières…

Le désengagement financier de l’Etat :

Le problème de budget n’est pas nouveau et propre à l’Université de Limoges (comme Rouen l’an dernier ou Grenoble cette année). L’asphyxie budgétaire est une réalité que nous cessons de dénoncer et de combattre : l’Etat ne verse aux universités que 80% de la Dotation Globale de Fonctionnement. Outre le désengagement financier de l’Etat, la mise en place de réformes dans l’enseignement supérieur obéit à une logique implacable : adapter l’enseignement aux besoins patronaux et aux fluctuations du marché.

Autonomie des facs, la fin du cadre national des diplômes  

Avec le désengagement financier de l’Etat, les facs doivent se tourner vers les collectivités locales et les entreprises pour se financer, ce qui conduit à la situation « région pauvre = fac pauvre ; région riche = fac riche ».

L’harmonisation européenne, avancée comme argument pour la mise en place des ECTS-LMD, est  instituée au niveau des sorties diplomantes mais pas au niveau des contenus des cursus. Avec une autonomie pédagogique totale dans le choix des formations, les diplômes deviennent locaux et individualisés ; ils n’ont plus aucune valeur et leur qualité baisse (pluridisciplinarité, multiplication des stages…).

Vers la professionnalisation généralisée des cursus : 

Lors de la commission université/emploi mise en place par Villepin comme réponse au mouvement contre la LEC, les « débats » ont mis en lumière le consensus suivant : il faut parachever la professionnalisation de tous les cursus pour permettre une meilleure insertion des jeunes dans le monde du travail. Le but est simple : les entreprises ne veulent plus des étudiant-e-s formé-e-s sur des savoirs généraux mais plutôt sur des savoirs précis, profitables immédiatement à l’économie. Ainsi, ce qu’ils attendent de l’Université de Limoges, c’est de développer des filières professionnelles, avec stages en rafales au détriment de filières d’enseignement de qualité. C’est exactement le chemin que prend notre université : « Il faut savoir que la multiplication des formations professionnelles spécialisées a coûté l’équivalent de plus de 50 postes d’enseignants chercheurs. » (Jacques Fontanille, président de l’Université de Limoges)

La casse du service public d’enseignement est en marche, nous devons nous organiser pour analyser et combattre les attaques qui nous sont faites.  

Seule la lutte paie !

Publié dans Vie universitaire

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