Non à la professionnalisation !

Publié le par AGEL FSE

PROFESSIONNALISATION DES FILIERES ET DES DIPLOMES :
LA MISE A MORT PROGRAMMEE DE L’ENSEIGNEMENT PUBLIC !


  • EN RÉPONSE AUX MOUVEMENTS SOCIAUX, VILLEPIN RÉPOND...
En novembre 2005, un mouvement de révolte embrasait les quartiers populaires, généré par plus de trente années d’une gestion coloniale de toute une population issue de l’immigration. Pour mettre fin à ce mouvement, le gouvernement de de Villepin décidait alors de mettre en place la loi sur l’égalité des chances-dont faisait partie le CPE-, qui était ce nsé répondre aux demandes de justice sociale. En réalité, cette mesure s’inscrivait dans une logique d’attaque des droits des travailleurs, en visant principalement les jeunes, et en stigmatisant toute une
couche de la population. C’est pour dénoncer cette logique et combattre ces attaques, qu’étudiants et lycéens, à leur tour, ont lancé la lutte du printemps dernier contre la loi sur l’Egalité des chances. Une lutte, d’une ampleur inédite depuis presque 40 ans, voyait le jour, rassemblant lycéens, étudiants et travailleurs, et finissait par faire reculer le gouvernement sur le CPE. Mais encore une fois, le gouvernement, à la botte du patronat, répondait à ce mouvement par la mise en place d’une commission universités/entreprises, visant tout particulièrement les étudiants, et qui a pour but de faire de l’enseignement supérieur un march é rentable au bénéfice du patronat.


  • … PAR DE NOUVELLES ATTEINTES À L’UNIVERSITÉ PUBLIQUE…
La commission université/entreprise a pour but de transformer toutes les filières en formations professionnelles. Cette commission part du constat fallacieux que l’université est responsable du chômâge de masse, et qu’en professionnalisant toutes les filières, de nombreux emplois seront créés. La multiplication des filières et des diplômes professionnalisants depuis une dizaine d’années ne s’est en aucun cas accompagné d’une baisse du
chômage (les offres d’em plois non satisfaites pour cause de formation correspondent à seulement 10% du nombre de chômeurs). Le but non avoué est de faire prendre en charge à l’université la formation des futurs
travailleurs, trop coûteuse pour les entreprises, et aura pour conséquence la casse des diplômes nationaux et des qualifications, seuls garants de l’égalité entre étudiants. Cette casse des diplômes nationaux entraînera la détérioration des droits des travailleurs, en remettant en cause les conventions collectives.


  • … DEPUIS LONGTEMPS REMISE EN CAUSE.
La mise en place de cette commission "université-entreprise " n'est qu'une nouvelle tactique politique et patronale pour remettre en cause ce qui reste de l'enseignement supérieur public en accentuant la concurrence entre universités. La volonté de professionnaliser les diplômes n'est pas nouvelle . Ce processus s’est accéléré lors la rencontre de 29 ministres e européens de l'enseignement supérieur à Bologne en 1999 pour entamer un processus de réformes de l'Université au niveau européen. Ce processus de Bologne a permis l'organisation d'une concurrence entre toutes les offres d'enseignement supérieur à l'échelle européenne et, on sait que dans toute compétition, il y a des vainqueurs et des vaincus . On en remarque les conséquences à travers notamment la réforme LMD-ECTS (décret Lang de 2002) en France . Celle-ci a permis une plus grande autonomie budgétaire et pédagogique des universités, c'est à dire une autonomie pour définir le contenu de leurs diplômes et pour accroître les coopérations avec les entreprises locales. De fait, cette compétition renforce le développement inégal des universités. Les universités bien classées (pôles d'excellence) auront plus de dotations, attireront plus de financements privés (via des contrats de recherches,...) et feront payer cher aux étudiants l'acquisition d'un diplôme réputé compétitif sur le marché du travail. A côté de cela se développeront des universités poubelles sous dotées car peu compétitives et donnant accès à des diplôm es peu valorisés.
On assiste donc petit à petit à une hiérarchisation de l'enseignement supérieur ainsi qu’à la mise en concurrence des étudiants entre eux, par la casse du cadre collectif et national d'obtention d'une qualification universitaire (une Maîtrise acquise à Limoges ou à Toulouse avait la même valeur). Cela renforce également la concurrence entre travailleurs puisque ce cadre était associé à des droits collectifs dans le monde du travail.


ORGANISONS LA RIPOSTE !

Si la stratégie du gouvernement est de diviser tous les acteurs de la conte station pour casser nos acquis sociaux, la logique qui touche les différente s couches de la population (jeunes issus des quartiers populaires, étudiants, lycéens, travailleurs jeunes ou moins jeunes, etc.) est toujours la même. Le gouvernement profite cyniquement de chaque mouvement pour mettre en place de nouvelles mesures de régression sociale. Mais nous avons pu constater, à la lumière du mouvement du printemps dernier, que la mise en place d’un rapport de force massif pouvait nous mener à la victoire contre un gouvernement qui défend les seuls intérêts du patronat. Dans ce sens, alors que la commission université/entreprise rendra son rapport à la fin du mois d’octobre, une riposte d’envergure est nécessaire si on veut défendre un service d’enseignement public.

POUR LA DEFENSE D'UN SERVICE PUBLIC D'EDUCATION GRATUIT, LAIC, DE QUALITE, OUVERT A TOUS ET A TOUTES !

POUR UNE FAC CRITIQUE ET POPULAIRE !

Publié dans Professionnalisation

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