Contre un marché de l’éducation concurrentiel mondial

Publié le par AGEL FSE

Communiqué national de la Fédération Syndicale Etudiante

L'éducation est devenue aujourd'hui un marché mondial, pour lequel les pays capitalistes avancés se livrent une bataille acharnée. Alors que la position concurrentielle de l'enseignement supérieur européen est loin derrière celle des Etats-Unis et du Japon, l’Union Européenne (et en particulier la France) entend bien rattraper un tel retard en menant une politique offensive contre l'enseignement public dans toute l'Europe, et créer ainsi les conditions structurelles et économiques pour que, d'ici 2010, l'UE puisse « devenir l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde » (conseil européen de Lisbonne, mars 2000).

Les conclusions du rapport du sénateur Joël Bourdin (UMP, Eure), rendu public le 2 juillet, s’inscrivent pleinement dans ce cadre. En effet, suite à la parution du classement de Shangaï en 2003 (qui se base notamment sur le nombre de prix Nobel et le nombre d’articles publiés) la première université française arrive en 65ème position. Ce en quoi Nicolas Sarkozy s’est fixé comme but, à travers Valérie Pécresse, de « classer au moins deux établissements parmi les vingt premiers ».

Tel est l’objectif de ce rapport : se doter d’un système de classement à la « française » pour pouvoir se positionner en bonne place dans les palmarès internationaux. Cependant la logique de la classe dirigeante ne doit pas nous échapper ! En voulant un enseignement qui répond aux exigences de rentabilité et d’excellence, ils servent les intérêts privés et immédiats du patronat au détriment d’un enseignement public, gratuit, de qualité et ouvert à tous. La France doit relever le défi de cette compétition. Ainsi, le rapport encourage la mise en place d’un classement européen qui utiliserait comme critères, notamment, le nombre de contrat entre laboratoires de recherche et entreprises et le taux d’insertion professionnel des étudiants.

Pour la Fédération Syndicale Etudiante, l’université ne doit pas être un centre de formation patronal où compétitivité rime avec professionnalisation et sélection sociale ! Dans tous les pays où sont appliquées ces politiques éducatives, la fin de la massification pour l'accès à l'enseignement supérieur laisse place à un creusement de plus en plus profond des inégalités face à l'enseignement : écoles d'élites pour les plus riches, facs poubelles pour les étudiants issus des classes populaires.

Ni classement, ni compétition !
Pour une université et des enseignements indépendants des intérêts privés !

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